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Histoire de l’Age d’Or Islamique: Al-Idrissi, Fatima Al-Fihriya et Ibn Al-Nafis

Ce documentaire narre trois histoires de l’âge d’or islamique. Au XIIe siècle, le roi Roger II de Sicile, fait appel au savant arabe andalous Al Idrissi en 1138 à l’époque Almoravide pour créer un atlas détaillé du monde. Son travail est rassemblé dans le Livre de Roger, aussi appelé la Géographie. Au IXe siècle, Fatima al Fihriya, savante arabe de Kairouan alors sous les Aghlabides Abbasside avide de connaissances et passionnée par la lecture, fonde l’une des plus anciennes universités du monde à Fès au Maroc sous les idrissides, celle de Quaraouiyine. Ibn al-Nafis, médecin arabe et anatomiste né en Syrie au XIIIe siècle, découvre la circulation sanguine des artères et des poumons grâce à ses travaux de dissection, tardivement connus en Occident, il travailla au Caire sous les Mamelouks
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Nafis

 

 

 

 

Note :

Voici ce que pense le philosophe Rémi Brague, qu’on ne peut soupçonner d’islamophilie, de « l’immensité de la dette culturelle », selon sa propre expression, de l’Europe envers le monde de culture arabe : Dans « La voie romaine (1992) » : « J’ai dit que les Arabes avaient traduit, et beaucoup traduit. Cela veut dire d’une part qu’ils ont transmis l’héritage grec à l’Occident, dans tous les domaines : médecine, mathématiques, philosophie, à tel point que celui-ci a contracté envers le monde arabe une dette culturelle énorme. […] Cette dette était encore reconnue (à tous les sens du mot « reconnaissance ») par le Moyen Age de Gerbert d’Aurillac, de Roger Bacon, de Frédéric II de Sicile.[…] L’admiration pour le trésor de réflexion et de savoir venu des Arabes n’empêchait d’ailleurs pas une polémique ferme sur la doctrine. […] Quoi qu’il en soit, rappeler l’importance des traductions arabes ne veut en aucun cas dire que les Arabes se seraient contentés de transmettre passivement des livres dont le contenu leur serait demeuré scellé. Tout au contraire, ils on également été des créateurs. Ils ont prolongé, parfois très loin, le savoir qu’ils recevaient. […] La reprise d’un contact direct avec l’héllénisme byzantin entraina un court-circuit culturel : on pouvait sauter par dessus les intermédiaires arabes. […] Tout est en place pour que se développe une dénégation systématique et globale de l’héritage arabe. […] La conscience d’une dette resta cependant encore claire pour les grands orientalistes de la Renaissance et du XVII, Postel, Pococke, ou Fontialis. Mais elle a été refoulée des mémoires à l’époque des Lumières, puis au XIXe siècle. » (p. 106-112) puis dans « Au moyen du Moyen Age : Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam ( 2006) » : « Il est en tout cas salutaire de se rappeler l’humilité de ses origines [l’Europe]. Non pour mesurer avec satisfaction la distance parcourue. Mais pour savoir à quoi et à qui on doit d’avoir accompli ces progrès. Il existe un devoir de réminiscence. Il est bon aussi de rappeler d’ou l’Europe a tiré les sucs nourriciers dont elle s’est engraissée. La réponse est simple : elle les a pris en dehors d’elle. Elle les a empruntés au monde gréco-romain qui l’a précédée, puis au monde de culture arabe qui s’est développé en parrallèle avec elle, enfin au monde byzantin. C’est du monde arabe, en particulier, que sont venus les textes arabes d’Aristote, de Galien, et de bien d’autres, qui, traduits en latin, ont nourri la Renaissance du XIIe siècle. C’est du monde byzantin que vinrent les originaux de ces mêmes textes, qui en permirent une étude plus précise et alimentèrent la floraison scholastique du XIIIe siècle. Que serait Thomas d’Aquin s’il n’avait trouvé en Averroès un adversaire à sa mesure ? Que serait Duns Scott s’il n’avait trouvé en Avicenne, pour reprendre la formule de Gilson, un « point de départ » ? Et bien des textes dont l’Europe s’est nourrie lui sont venues par l’intermédiaire des traducteurs juifs. L’Europe doit ainsi prendre conscience de l’immensité de la dette culturelle qu’elle a envers ces truchements (c’est d’ailleurs un mot arabe…) : envers les Juifs, en dehors d’elle comme en son intérieur, ainsi qu’envers le monde de culture arabe, chrétiens comme musulmans. » (p. 52)